Qu'est qu'un Mandataire Judiciaire à la Protection des Majeurs ?
| 05/02/2012 - Scandaleuse inégalité entre majeurs protégés | ![]() |
|
A prestation, situation et ressources identiques certains majeurs protégés confiés aux associations tutélaires paient jusqu'à 5 fois plus que s'ils avaient été pris en charge par un mandataire privé. Cette situation dure depuis le mois d'août 2011 et concerne des dizaines voire des centaines de milliers de personnes protégées. Elle ne bénéficie pas aux associations, dont la dotation globale de financement est inchangée, mais aux financeurs publiques (CAF, Sécurité Sociale, Etat notamment) qui voient leur contribution être réduite d'autant. Ils ne sont pourtant aucunement à l'origine de cette situation qui est la nième péripétie des tatonnements successifs de la DGCS pour essayer de stabiliser un système de financement décidément bien mal conçu.
Une égalité entre majeurs protégés rompue depuis le 4 août 2011Avant le décret du 1er août 2011 (publié le 4 août 2011), les majeurs protégés participaient au coût de leur mesure de manière identique quel que soit le statut du MJPM. Ce calcul était basé sur le seul critère des ressources et ne tenait compte ni de la nature de la mesure de protection, ni du lieu de résidence du majeur. Le 4 février 2011, le Conseil d'Etat a rendu une décision invalidant ce calcul dans le cas des MJPM privés et laissant à la DGCS juqu'au 4 août 2011 pour le régulariser. Le motif immédiat de cette décision était d'ordre "technique" (règles définies dans un arrêté alors qu'elles auraient dû l'être par décret), mais dans son analyse, le rapporteur du Conseil d'Etat soulignait la nécessité, sur le fond, de moduler le tarif en fonction de plusieurs paramètres et non des seules ressources du majeur. Et il indiquait que cette nécessité était également valable pour les associations. Le 4 août 2011, la DGCS publie un décret complété par un arrêté publié le surlendemain. Ce décret modifie le dispositif... mais uniquement pour les MJPM privés ! Non seulement la DGCS a choisi de ne pas tenir compte de l'alerte du rapporteur du Conseil d'Etat quant au dispositif dans son ensemble, y compris pour les associations, mais elle décide de rompre la sacro-sainte égalité entre les majeurs protégés. Le 6 janvier 2012 la DGCS signe un nouvel arrêté (publié le 21 janvier 2012) qui adapte le nouveau barème pour les MJPM privés. Mais aucun texte ne vient restaurer l'égalité de traitement entre les majeurs protégés. Ainsi, ce qui aurait pu être une situation transitoire de quelques semaines le temps d'adapter les textes nécessaires dure désormais depuis plus de 6 mois laissant se développer une grave injustice entre majeurs et le risque d'un nouveau scandale pour le secteur tutélaire.
Un coût jusqu'à 5 fois supérieur pour un même majeur protégéQuelquesoit le statut du MJPM en charge de la mesure de protection, le montant versé par le majeur protégé dépend de ses ressources. Mais depuis août 2011, lorsque la mesure de protection est gérée par un MJPM personne physique (mandataire privé), ce montant varie également selon divers facteurs tels que, notamment, la nature de la mission de protection (curatelle simple ou renforcée, tutelle, etc.) ou encore le lieu de résidence du majeur (à domicile ou en établissement). Or ces modulations ne sont pas appliquables lorsque la mesure est confiée à une association tutélaire ou à un préposé hospitalier : les majeurs protégés dont ils s'occupent paient un montant qui dépend uniquement du niveau de leurs ressources. Montant qui correspond... au coût de la prestation la plus chère du barème des MJPM privés. Le graphique ci-dessous illustre cette inégalité : Cliquez sur l'image pour la visualiser en grand format - la courbe violette (supérieure) représente le montant payé par un majeur protégé à une Association Tutélaire en fonction de ses ressources. Il n'y a qu'une seule courbe car le montant est identique quelquesoit la nature de la mesure de protection et la situation du majeur. - les 6 autres courbes représentent le montant payé par un majeur protégé à un MJPM privé. Chaque courbe représente le tarif pour une mesure de protection et une situation donnée. La prestation la plus onéreuse (bleu foncé) est une curatelle renforcée aux biens et à la personne pour un majeur vivant à domicile. La prestation la moins coûteuse (pointillés bleu clair) est une mission de subrogé curateur pour un majeur protégé vivant en établissement. La courbe est en pointillé car ce type de prestation est assez rare. Les 4 autres exemples de tarifs illustrés sur ce schéma représentent en revanche des prestations très fréquentes.
Cliquez sur l'image pour la visualiser en grand format
Une injustice qui ne profite pas aux associations mais aux financeurs publics (CAF, Sécurité Sociale, Etat notamment)Il convient de souligner que les associations ne bénéficient aucunement de ce surcoût payé par les majeurs protégés. En effet leur système de financement passe par une dotation globale calculée indépendamment des montants prélevés sur les fonds des majeurs protégés. Donc l'alignement de leurs tarifs sur celui créé pour les MJPM privés ne modifierait pas leur dotation globale. En revanche, un tel alignement représenterait un surcoût important pour les financeurs publics qui devraient compenser le manque à gagner des associations. Mais sont-ils seulement au courant ? La DGCS a-t-elle alerté l'ensemble des acteurs sur la situation ? On ne peut être certain que d'une chose : le système de financement des mesures de protection n'est toujours pas stabilisé et de nouvelles adaptations sont inévitables. |
Définition du métier :
Depuis le 1er janvier 2009, une profession unifiée, celle de "Mandataire Judiciaire à la Protection des Majeurs" est instaurée.
En effet, et jusqu'au 31 décembre 2008, lorsqu'une personne physique majeure se trouvait dans l'incapacité de faire face à la gestion de sa situation administrative et financière, ou devait faire l'objet d'une mesure de protection en raison de sa particulière vulnérabilité due à son âge ou à des difficultés physiques ou psychologiques elle pouvait alors faire l'objet d'une mesure de protection qualifiée de tutelle ou curatelle qui était confiée soit à une personne physique qualifiée de "Gérant de Tutelle Privé" soit à une association tutélaire comme par exemple l'UDAF.
Cependant, ces mesures s'exercaient dans un cadre juridique ancien qui était devenu inapproprié aux situations d'aujourd'hui et qu'il a fallu refondre et qui a donné lieu à la loi du 5 mars 2007, entrée en vigueur à compter du 1 janvier 2009.
Désormais, c'est à un mandataire judiciaire à la protection des majeurs qui peut être une personne physique ou morale, que le juge confiera l'exercice de la mesure de protection judiciaire prononcée, lorsque aucun membre de la famille ou aucun proche du majeur pourra l'exercer.
Selon le nouvel article L 471-1 du code de l'action sociale et des familles, les mandataires judiciaires à la protection des majeurs sont les personnes qui exercent "à titre habituel", les mesures de protection qui leur sont confiées par le juge dans le cadre d'une mesure de protection civile, visant à la protection des personne qui se trouvent, en raison de l'altération de leurs facultés mentales ou corporelles, dans l'incapacité de pouvoir seule à leurs intérêts.
Le mandataire est alors chargé d'assurer la protection tant de la personne que des biens du majeur faisant l'objet de la mesure :
* la sauvegarde de justice, dans la mesure seulement où le juge des tutelles aura estimé opportun de désigner un mandataire spécial à l'effet d'accomplir un ou plusieurs actes déterminés rendus nécessaires par la gestion du patrimoine de la personne protégée ;
* la curatelle ;
* la tutelle ;
Ainsi, cette appellation exclut l'ensemble des membres de la famille ou des proches de la personne protégée qui exerceront, par priorité, les mesures judiciaires de protection.
Compétences et aptitudes requises :
-
Le Mandataire Judiciaire à la Protection des Majeurs doit disposer des compétences dans les domaines juridique, social et économique.
-
La fonction qui est lui est confiée, requiert la capacité à créer une relation de confiance avec la personne qu'il est chargé d'aider.
-
Il doit savoir évaluer la situation matérielle, familiale et sociale de la personne faisant l'objet de la mesure et de définir un projet d'intervention le cadre du mandat judiciaire.
-
Veiller au respect des droits de la personne et à la satisfaction de ses besoins.
-
Assurer la protection et la gestion de ses ressources et des biens de la personne.
-
Rendre compte de l'exercice effectif des mesures à l'autorité judiciaire.
-
Savoir communiquer et échanger avec les partenaires dans l'intérêt de la personne protégée.
-
Il doit faire preuve de réactivité face à des situations d'agressivité et de conflit
Date de dernière mise à jour : 26/04/2012



