LA MALTRAITANCE DES PERSONNES AGEES

 

Je souhaite aborder le sujet de la maltraitance des personnes agées sous toutes ses formes.

Car nous sommes de plus en plus confrontés à des situations de maltraitance financière des personnes agées, cette maltraitance se présente sous plusieurs formes, et tout particulièrement d'abus de faiblesse caractérisé, et d'atteinte à la dignité de la personne agée.

La mesure de protection permet de protéger la personne vulnérable et d'engager des poursuites à l'encontre des personnes malveillantes.

Ci dessous la définition de la maltraitance, ainsi que le rapport du médiateur de la République de Monsieur DELEVOYE  qui permet d'aborder au mieux ce fléau.

MALTRAITANCE DES PERSONNES AGEES    MALTRAITANCE RAPPORT MEDIATEUR

 

La maltraitance

La maltraitance des personnes âgées est longtemps restée un sujet tabou. Elle toucherait 5% des personnes âgées de plus de 65 ans en France et touche tous les milieux sociaux.

Elle peut recouvrir plusieurs aspects et peut être très destructrice. Une personne âgée aura beaucoup de difficultés à aborder le problème, surtout si la personne maltraitante est une personne proche, de la famille comme un fils ou une fille.

Les premières antennes d’Allô Maltraitance (ALMA) ont été crées en 1995. Il s’en ouvre de plus en plus mais tout le territoire est loin d’être couvert. Ces antennes ont pour vocation de recevoir les signalements de maltraitance et de guider et d’orienter les familles ou bien la personne maltraitée. ALMA FRANCE : 08 92 68 01 18 ( numéro nationale)

Vous pouvez également contacter le 3977, numéro national d’appel concernant la maltraitance.

Les facteurs de risque peuvent être liés à la personne âgée, qui perd la mémoire, désorientée donc plus vulnérable, à l’environnement social qui va profiter de cette faiblesse, ou bien encore au lieux de vie de la personne âgée. Les personnes maltraitantes peuvent être des personnes proches, de la famille, des voisins, des amis, des professionnels de santé… Il convient donc d’être très vigilant et de ne pas hésiter à contacter une antenne ALMA ou bien un service social pour signaler une situation ambiguë.

Définition de la maltraitance :

La maltraitance peut être définie comme des mauvais traitements subis par une personne.

La commission du Conseil de l'Europe, en 1987 a défini la maltraitance comme suit : « La violence se caractérise par tout acte ou omission commis par une personne, s'il porte atteinte à la vie, à l'intégrité corporelle ou psychique ou la liberté d'une autre personne ou compromet gravement le développement de sa personnalité et/ou à sa sécurité financière. »

Les différents types de maltraitances :

- La maltraitance physique qui englobe les coups, les blessures, les brûlures, les violences sexuelles, les manipulations brusques…..Cette liste n’est bien évidemment pas exhaustive

- La maltraitance psychique qui peut se traduire par un langage inadapté et irrespectueux, un chantage affectif, une domination psychologique, une non considération….

- La maltraitance financière ou matérielle comme utiliser un compte bancaire, des chéquiers à l’insu de la personne, lui faire signer des chèques en blanc, escroquerie….

- Maltraitance médicale qui peut se traduire par des soins inadaptés, un surdosage de médicaments, un traitement médicamenteux mal pris, absence de soins de base, non prise en compte de la douleur de la personne…..

- Négligences actives qui peuvent être des sévices perpétrés consciemment, avec une intention de nuire

- Négligences passives qui sont des abus, des oublis effectués non consciemment et pas avec une intention de nuire.

- Privation ou violation de certains droits comme interdire de pratiquer une religion ou limiter ses droits civiques.

Pourquoi la maltraitance ?

La maltraitance des personnes âgées peut être liée à différents facteurs. En effet, elle peut être due à :

- la condition physique et/ou mentale: dépendance physique de la personne âgée, désorientation temporelle, maladie d’alzheimer…

- les conditions sociales : isolement géographique, isolement social ( rupture des liens avec sa famille)

- les conditions financières : importants capitaux de la personne âgées, importantes ressources, biens mobiliers….

- Les conditions environnementales : environnement familial ou amical avec des problèmes d’alcoolisme, de toxicomanie, de violences, financiers….

- Les conditions de vie : logement inadapté à la perte d’autonomie, risque de chutes important….

Qui maltraite ?

- Dans le sphère privée, les personnes qui peuvent devenir maltraitant sont majoritairement des membres de la famille. En effet, une étude effectuée par l’association ALMA démontre que 58% des personnes maltraitantes sont de la famille de la personne âgée : 65% sont les fils ou les filles de la personne concernée et 13% le conjoint. Il arrive également que ce soient les gendres, les belles filles ou bien les neveux ou nièces.

La maltraitance peut également survenir de l’entourage amical proche qui abuse de la faiblesse de la personne, comme par exemple des voisins.

- Dans la sphère public, la maltraitance peut apparaître dans les établissements de types maisons de retraite, longs séjours ou bien en hospitalisation. En effet, des carences graves ont été notées dans certaines maisons de retraite. Le personnel soignant est largement responsable de certains actes de maltraitance, actes bien évidemment isolés et qui sont le fait de personnes seules.

Ces actes de maltraitance sont souvent dus à une surcharge de travail, une inattention de la part des soignants, un dysfonctionnement de l’organisation de l’institution.

- Il est très important de prendre conscience que nous pouvons tous à un moment donné de notre vie devenir maltraitants. En effet, il suffit que nous soyons fatigués, que nos problèmes personnels soient trop lourds à porter et nous pouvons avoir un comportement inadapté et négligeant envers la personne âgée.

- Pour éviter de tomber dans cet extrême, il convient de parler, de prendre conscience de certains dysfonctionnements afin d’y remédier. Les antennes ALMA existent pour cela, mais il semble nécessaire que les équipes médicales et para médicales dans les institutions discutent entre elles, soient vigilantes, les familles, les acteurs de terrain….

Que faire en cas de soupçon de maltraitance ?

En cas de soupçon, il faut en parler avec l’entourage, les proches ou bien contacter ALMA qui pourra fournir des informations ou bien le 3977. Si le cas de maltraitance est avéré ou la suspicion est très lourde, l’obligation de dénonciation figure dans le nouveau code pénal et exige à quiconque d’informer et de saisir les autorités judiciaires et administratives compétentes.

Tout citoyen, outre l’obligation de dénoncer un crime ( article 434-1 du code pénal), doit dénoncer tout mauvais traitement. A cette obligation s’ajoute l’obligation de porter secours ( article 223-6 du code pénal) : « Quiconque pouvant empêcher par son action immédiate, sans risque pour lui ou pour les tiers, soit un crime, soit un délit contre l’intégrité corporelle de la personne s’abstient volontairement de le faire, est puni de cinq ans d’emprisonnement et de 75 000 euros d’amende. Sera puni des mêmes peines quiconque s’abstient volontairement de porter à une personne en péril l’assistance que, sans risque pour lui ou pour les tiers, il pouvait lui prêter soit par son action personnelle, soit en provoquant un secours. »

Le nouveau code pénal permet au médecin traitant de révéler des faits de maltraitance pour vulnérabilité des personnes âgées, infirmes ou déficientes mentales ou physiques. La notion de vulnérabilité a donc été introduite. Concernant la maltraitance financière, il est également possible de saisir le juge des tutelles ou le procureur de la République pour des faits de violences financières, (spoliations) soupçonnées ou avérées. Des donations, des testaments manuscrits peuvent être annulés.

http://documentation.agevillage.com/Article/indexb5bf.html

La victime de maltraitance peut bien évidemment porter plainte et faire des démarches auprès du procureur de la République ou bien du Juge des tutelles pour se protéger et demander une mise sous curatelle ou tutelle.