BURN OUT ETES VOUS EN DANGER ? FAITES LE TEST

Burn out : êtes-vous en danger ? Faites le test.

 

Il n'est pas de bon ton dans notre profession et dans bien d'autres de reconnaître un épuisement professionnel, certains se considérant comme des êtres humains infaillibles  avec malheureusement des erreurs au détriment des personnes qui nous sont confiées....

Malheureusement l'issue peut être fatale pour celui qui en souffre, la prévention est nécessaire.

Bonne lecture....

 

Pour 17/12/2014

Et si c’était un burn-out ?

burn-out

Pour atteindre vos objectifs professionnels, vous avez repoussé vos limites encore et toujours, jusqu’à l’effondrement. Comprendre le burn-out, s’en protéger et se reconstruire, c’est possible. À condition de se poser les bonnes questions et de se faire accompagner.

« Ambitieuse, j’ai travaillé d’arrache-pied pour ne pas décevoir… Je travaillais de plus en plus dur, mais je ne recevais pas les gratifications attendues. Et le jour où un séminaire m’a été refusé, j’ai craqué. J’ai avalé 15 anxiolytiques. Je voulais en finir. Mais je me suis ressaisie au dernier moment. » Comme Aude Selly (voir « En savoir plus »), plus de 3 millions d’actifs en France* seraient aujourd’hui menacés par le burn-out, appelé aussi Syndrome d’épuisement professionnel. Contrairement à la dépression, qui peut avoir plusieurs causes, le burn-out trouve toujours son origine dans le travail. Il touche des individus exigeants qui s’investissent à fond dans leur mission. Selon Technologia, cabinet d’évaluation et de prévention des risques professionnels, le processus débute par une phase d’enthousiasme : la personne trouve dans son travail bien-être et reconnaissance. Mais vient ensuite une phase de surengagement lorsque les responsabilités et les charges s’accumulent. Si le plaisir est toujours là, le travail s’invite de plus en plus dans la vie privée et, avec lui, la fatigue. Peu à peu, l’anxiété prend le pas sur le plaisir. On arrive alors dans une phase de résistance et de rupture où la personne se met à travailler de façon frénétique. La fatigue s’installe et la personne devient irascible, s’isole de ses collègues. Totalement stressée, elle commet des erreurs, travaille moins bien, manque de recul, reçoit ses premières sanctions et perd confiance en elle… Engouffrée dans une spirale, la victime refuse toute aide extérieure, jusqu’à la dernière phase qui se manifeste par un effondrement, généralement brutal. Ce stade est souvent celui de la maladie dépressive, et le risque de passage à l’acte suicidaire existe.

* Source : www.appel-burnout.fr

Prendre le temps de s’interroger


Il est possible d’éviter cet effondrement si le burn-out est décelé à temps. Pour cela, il faut être attentif aux manifestations qui le précèdent, et ne pas négliger les alertes que peuvent lancer les proches… Les signes les plus reconnaissables sont les troubles du sommeil, lorsqu’ils deviennent chroniques. Tout comme l’apparition de troubles musculo- squelettiques (torticolis, maux de dos…), de problèmes dermatologiques (eczéma, psoriasis…) ou encore de changements d’humeur fréquents. C’est à ce moment que l’on doit se poser quelques questions : mon travail n’empiète-t-il pas trop sur ma vie privée ? Est-ce que je dépasse mes limites ? Mon caractère a-t-il changé ? Et est-ce que j’ai toujours autant de plaisir à travailler ?… Il est aussi impératif de se faire aider par son médecin du travail ou son médecin traitant, qui prescrira éventuellement un arrêt pour pouvoir se reposer et reprendre pied. Et d’alerter selon le contexte son manager, les délégués du personnel, les membres du CHSCT ou la Direction des ressources humaines.

« De nombreux signes auraient dû m’alerter »


« Pendant 20 ans, j’ai gravi tous les échelons avant de devenir DRH dans une multinationale, se souvient Jacky Lhoumeau. J’étais épuisé, mais j’ai consciemment ignoré les signaux d’alerte : insomnies, fatigue persistante, sensibilité exacerbée, crises de larmes, difficultés de concentration, irascibilité, vertiges… Jusqu’au jour où j’ai ressenti un enserrement au niveau de la cage thoracique si douloureux que je me suis évanoui dans mon bureau. Après cela, j’ai été arrêté. C’était en 2011, et je n’ai à ce jour pas repris d’activité professionnelle. »

« Faire reconnaître l’origine professionnelle de la maladie »


« Entre l’hyperconnexion et les nouvelles méthodes de management, l’intensification des conditions de travail est telle que, dans toute l’Europe, on voit de plus en plus de cas de burn-out, explique Jean-Claude Delgènes, fondateur de Technologia, cabinet d’évaluation et de prévention des risques professionnels. Les entreprises mettent en place des plans de prévention, mais ils sont insuffisants. Le Syndrome d’épuisement n’étant pas inscrit au tableau des maladies professionnelles, les entreprises n’ont pas un intérêt financier à lutter contre le surengagement. C’est la collectivité qui en supporte la charge. »

« Je n’ai plus de stress »


« J’étais directeur commercial et lorsque mon entreprise a été vendue, tout a changé : méthodes, patron, équipes, etc. J’étais si mal que j’en avais des nausées, raconte Luc Resseler. Cassé, j’ai fini par donner ma démission. Je m’occupais de mes ânes pour penser à autre chose, et un jour, j’ai organisé une balade pour un anniversaire. D’autres ont suivi et l’activité a vraiment démarré. Ma chance : ma maison était payée et ma femme compréhensive. Car nous avons changé radicalement de vie et de revenus, mais aussi de besoins. Et je n’ai aucun regret ! »

« Se reconstruire prend en moyenne deux ans »


Le point de vue de Sabine Bataille, Consultante RH, auteur de Se reconstruire après un burn-out : les chemins de la résilience professionnelle, InterEditions, 2013, 228 p., 19 euros.

« Retrouver une vie professionnelle de qualité après un burn-out est tout à fait possible. Mais cela passe par plusieurs étapes de reconstruction qui prennent en moyenne deux ans.Il faut d’abord se couper totalement de son travail, s’obliger à se reposer, faire un bilan médical et retrouver une hygiène de vie. Puis, peu à peu, reprendre des activités pour soi. Vient ensuite le temps d’une réflexion à mener avec l’aide d’un gestionnaire de carrière, d’un coach ou d’un psychiatre, sur soi, sur ses compétences, sur ce qui est arrivé et ce qui n’allait pas. Bref, se faire aider pour se retrouver, se comprendre et comprendre son environnement. Une fois ces étapes consolidées, toutes les personnes qui ont réussi à se reconstruire (dites “les résilients”) ont appris à se protéger et à poser des limites. Cela nécessite des changements : d’équipe, de manager, d’entreprise ou, carrément, de métier. Il y a toujours un “ avant ” et un “ après ” burn-out. »

Pour en savoir plus


  • D comme DRH et… Dépressif de J. Lhoumeau, éditions Tatamis, 2013, 420 p., 20 euros
  • Quand le travail vous tue de A. Selly, éditions Maxima, 2013,128 p., 14,80 euros.

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Par Marianne Leclère Crédit photo: Baranq

Tags                       lutte contre les maladies, médecin du travail, prévention santé, santé au travail,
 

01/12/2014

Burn-out : êtes-vous en danger ? Testez-vous

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Votre travail vous pèse et vos proches vous confirment que vous allez de plus en plus mal : c'est impérativement le moment de consulter un médecin, car lui seul pourra établir que vous risquez un burn-out. Mais des tests peuvent vous aider à prendre conscience de votre état.

Le test "MBI" (pour Maslach Burnout Inventory) est un test de référence pour les professionnels et les chercheurs. Sur une échelle de fréquence (de « jamais » à « tous les jours »), il invite à répondre à des affirmations concernant vos impressions par rapport à votre travail, à vos pratiques professionnelles et à vos relations avec autrui : « Je me sens à bout à la fin de la journée », « Je suis devenu plus insensible aux gens depuis que j'ai ce travail », « J'ai accompli beaucoup de choses qui en valent la peine dans ce travail »… Les résultats indiquent le degré de votre épuisement professionnel, de votre dépersonnalisation, et de votre non-accomplissement personnel au travail.

Effectuer le test de prévention "MBI" Attention : il s'agit d'une échelle d'auto-évaluation, et le résultat n'a aucune valeur de diagnostic médical. Sabine Bataille*, consultante RH, qui commente ci-dessous les résultats, prévient : « Le fait que le burn-out soit aussi médiatisé peut créer de fausses alertes chez certains, mais aussi minimiser le degré de souffrance de ceux qui sont en burn-out. Ce test doit donc être uniquement pris comme une échelle de prévention des risques ».

* Auteur de Se reconstruire après un burn-out : les chemins de la résilience professionnelle, InterEditions, 2013, 228 p., 19 euros.  

Résultats du test décryptés par Sabine Bataille


Score d'épuisement professionnel (SEP) : SEP < à 17 : Degré faible 18 < SEP < 29 : Degré modéré 30 < SEP : Degré élevé « La mesure de l’épuisement professionnel permet de se rendre compte des émotions que l'on ressent par rapport à son travail : de l'énergie et des efforts qu'il demande, de l'impression que l'on va craquer et que c'est "plus difficile qu'avant". L'épuisement professionnel est, lié aux difficultés rencontrées dans son travail. La personne peut ressentir un mieux-être pendant les vacances. Si ce n’est pas le cas, le degré de risque est très élevé ».

Score de dépersonnalisation (SD) ou perte d'empathie : SD < à 5 : degré faible 6 < SD < 11 : degré modéré 12 < SD : degré élevé « Le score de dépersonnalisation concerne tout ce qui a trait aux relations avec autrui. Il se caractérise par une perte d'empathie, une indifférence voire une dépréciation des personnes (des collaborateurs, des clients, des fournisseurs) pour lesquelles on travaille. On s’en rend particulièrement compte dans les milieux du soin, de l'éducation ou du conseil, lorsque le patient,  l'élève ou le client ne deviennent plus qu'un numéro de chambre, de dossier ou un matricule. »

Score d'accomplissement personnel (SAP) : SAP < à 33 : degré faible 34 < SAP < 39 : degré modéré 40 < SAP : degré élevé « Le sentiment d'accomplissement personnel est assez difficile à mesurer car il est très subjectif et dépend de la sensibilité et des désirs de chacun. Il agit comme une soupape de sécurité qui assure l'équilibre en cas d'épuisement professionnel et de dépersonnalisation. Ce sentiment d'accomplissement personnel, lié à l'estime de soi, est la petite flamme qui vous anime : l'impression d’être efficace, d'avoir une influence positive heureuse sur les autres, d'avoir accompli des choses utiles dans la journée… Si cette flamme s'éteint, et que les deux autres scores sont aussi dans le rouge, vous êtes en risque avéré de burn-out. »  

Décryptage par Sabine Bataille


« Les trois scores ne sont pas obligatoirement corrélés. On peut les comparer à des pistons : lorsque l'un fatigue, l'effort repose sur les deux autres. Si le premier vient à rompre, les deux autres s'épuisent plus encore, jusqu'à casser à leur tour… Ainsi, on peut obtenir un score d'épuisement professionnel et d'accomplissement personnel élevés, mais un score de dépersonnalisation modéré. Cela ne veut pas dire que vous n'êtes pas en burn-out. Simplement, votre entourage (collègues, clients, patients, élèves, proches…) ne le remarquera ou n'en pâtira pas. Lorsque les deux premiers scores (SEP et SD) sont dans le rouge, le risque est important. Et c'est lorsque le dernier score (SAP) passe dans le rouge que les personnes s'effondrent. Il est essentiel de se faire aider avant ce stade. »

 

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Date de dernière mise à jour : 03/01/2015